Dans le département du Gers,un des départements les plus dangereux de France pour la sécurité routière et où les jeunes font beaucoup la fête,L'Etat,en relation étroite avec les chefs d'établissements scolaires,décide d'intervenir pour lutter contre la drogue .
Des recherches de stupéfiants sont organisés non plus dans les cars scolaires,mais au sein même des établissements ,comme celà était déjà arrivé ailleurs.
2 interventions ont donc eu lieu:
- CFA Centre de Formation des apprentis qui dépend de la Chambre des Métiers.
-Un collége public à la campagne.
Cette fois-çi, la tournure des évènements est exacerbée par des positions idéologiques et politiques .
ACTE I:
LES FAITS Au CFA
La dépêche et le Sud-Ouest titrent:"Prévention de la toxicomanie en question.Professeurs et élèves ne sont pas vraiment choqués par le contrôle mais plutôt par la façon dont celui-ci a été fait..."."L'opération anti drogue choque les apprentis "
Un professeur de français "défend" ses élèves:"Voir ainsi une telle méthode,c'est choquant.Et personnellement,je pense que cette opération n'aura réussi qu'une chose:dresser les jeunes contre la gendarmerie".
En quoi le directeur de l'établissement répond:"C'est vrai que c'est impressionnant ,mais on ne fait pas de la prévention avec de beaux discours.Nos jeunes commencent à avoir des salaires et sont donc la proie idéale pour les dealers.Nous avons voulu leur montrer la conséquence de s'engager sur un mauvais chemin" "L'objectif était de poursuivre la prévention faite dans le cadre de la semaine d'accueil sur les risques liés à l'alcool et à la drogue,sachant que ça fait un effet de boule-de-neige.Il savent qu'il faut faire attention.Après,c'est vrai qu'il y a une partie qu'on ne maîtrise pas.Les gendarmes appliquent leur procédure.On peut être d'accord ou pas sur la méthode.Mais sur le fond,on se doit de protéger les élèves".
Suivent des interviews d'élèves partagés:Ceux qui avaient déjà bénéficié et qui comprennent la raison d'une telle intervention et ceux,choqués de recevoir des ordres et qui répètent les mêmes mots de leur professeur: choqué.
Le directeur se félicite des prises somme toute restreintes.Preuve que la prévention est efficace.
Au total :39 grammes sur un élève mineur qui passera devant le tribunal pour enfant ,6 autres élèves majeurs en possession de produit en moins grande quantité et une balance de dealer.
ACTE II:
LE POLITIQUE ,LE GENDARME ET LE RESPONSABLE EDUCATIF
Scéne 1
Le politique qui s'interroge,se soucie et qui émet des souhaits
Ces articles de presse ne peuvent laisser indifférent le député président du conseil général du département qui réagit dans le journal la Dépêche du Midi:
"Ce qui me soucie en premier lieu,et même si les quantités sont finalement faibles au regard de la population concernée,c'est que les jeunes en formation puissent introduire dans leur établissement des substances illicites,au risque de jeter l'opprobre sur tous leurs camarades.Ce qui m'interroge,s'agissant d'un établissement d'enseignement,c'est que ses responsables aient pu donner le sentiment qu'ils étaient arrivés au terme de leur capacité de prévention interne,au point de s'en remettre à une intervention légale,mais extérieure.Ce qui m'attriste,même si ça n'était pas le but recherché,c'est que des jeunes apprentis,souvent issus de milieux populaires,soient ainsi montrés du doigt alors que dans ce Pays tant d'autres,plus fortunés semblent parfois à l'écart de ce genre d'évènement.Ce qui m'étonne,au regard du résultat,c'est l'importance des moyens mobilisés et le mode opératoire qui ont pu laisser penser à nos jeunes et à leurs familles que la CFA de Pavie était devenu un repaire de narcotraficants.Ce qui me préoccupe,c'est que ces jeunes puissent ne retenir que cet aspect des choses.Qu'ils puissent en nourrir une forme de ressentiment à l'égard de fonctionnaires de gendarmerie qui sont par ailleurs confrontés quotidiennement à des situations dangereuses et même parfois mortelles dans la lutte qu'ils mènent,en notre nom à tous contre ces fléaux que constituent la drogue et son trafic.Ce que je souhaite surtout,c'est que des représentants de l'autorité publique viennent le plus rapidement possible au CFA de Pavie pour rencontrer ces jeunes,leur expliquer le sens des évènements qu'ils ont vécus,et ainsi mieux les sensibiliser à un combat qui est celui de tous les responsables publics,de tous les enseignants,de toutes les familles et finalement de tous les citoyens"
Dont acte: le CNID32 espère donc qu'il pourra être un jour reçu par lui ou son représentant pour qu'enfin depuis près de 6 ans nous puissions lui parler et proposer au département notre service et notre compétence.
Scène 2
Acte 1
Réponse du Gendarme
Le colonel de gendarmerie,commandant du groupement de gendarmerie du Gers estime que ses hommes ,qui ont agi dans le cadre strict d'une procédure légale et en partenariat avec la direction de l'établissement,n'ont pas failli à leur mission."Tout au long de ce contrôle,les équipes cynophiles et les 14 militaires,répartis en deux équipes,sont constamment accompagnés par le directeur de l'établissement et de son adjoint.Ces derniers n'ont rien remarqué de particulièrement choquant dans le comportement des militaires et les ont félicité pour leur professionnalisme.La procédure a bien été maîtrisée et dans le stict respect de la personne,tout d'abord le représentant de l'établissement entre en premier dans la classe.Le maître de chien explique aux élèves la manière dont le contrôle va se dérouler et afin d'éviter tout incident,il précise les consignes de sécurité,qui ont été,pour certains,mal interprétées.Ensuite,le chien parcourt la classe et en cas de marquage,l'élève est invité à sortir avec ses affaires afin d'être fouillé.Il est vrai qu'un sac,dans laquel il y avait un ordinateur,a été marqué par un coup de dent.En cas de marquage du chien,l'élève quitte la classe.Dans le couloir ou une autre salle,les militaires l'invitent à sortir tout ce qu'il a dans ses poches.En aucun cas,il est demandé aux élèves de se déshabiller sytèmatiquement,précise-t-il.Quand le chien marque la personneelle même,une palpation est faite pour s'assurer du contenu des poches,ou tout autre endroit où peut être dissimulé des matières stupéfiantes...
Ces opérations sont destinées à protéger nos enfants contre un fléau dont le départementdu Gers n'est malheureusement pas épargné."
Acte 2
Le Pésident de la Chambre des Métiers qui continue à mettre les choses au point.
NOTRE SOUCI EST DE PREVENIR LES RISQUES:
A son tour le Président de la Chambre des Métiers réagit:
"L'opération anti-drogue menée la semaine dernière à l'école des métiers s'inscrit dans une politique de prévention des risques mise en place en 1999 et couvre le risque d'alcool,la drogue,la sécurité routière,le surendettement.dans le cadre de la lutte contre la drogue,nous avons une à deux opérations par an d'intervention directe des services spécialisés dans l'établissement.
Ce n'est pas un repaire .
Ces opérations d'intervention ne sont pas spécifiques à notre école,elles s'effectuent aussi dans d'autres établissements scolaires.Je suppose que ses interventions se sont déroulées avec le même mode opératoire de la part des gendarmes sans que cela n'ait,semble-t-il, choqué personne.
J'engage le Député et Président du Conseil Général à s'informer plus précisément sur les actions de prévention qui sont en place dans ce département avant de porter des jugements sur la direction d'un établissement qu'il ne connait pas.
La chambre des métierset d'artisanat se bat suffisamment ,et souvent seule,pour défendre l'apprentissage dans ce département.Oui,je suis fier d'accueillir des jeunes des milieux dits "populaires" dont plus de 50% deviendront des chefs d'entreprises de demain.
Alors je tiens à rassurer les jeunes et les familles:
L'école des métires n'est pas le repère des narcotarfiquants et justement parce que nous assurons et prenons nos responsabilités en matière de prévention.Ce sont d'ailleurs les mêmes personnes qui nous montreront du doigt si un jour,et par malheur,un jeune meurt d'avoir consommé de la drogue chez nous"
ACTE III :
LES DEMAGOGUES:
Scéne 1:
Les parents d'élèves de la FCPE:
"La FCPE du Gers condamne les opérations des forces de l'ordre au sein des établissements scolaires mercredi 26 novembre 2008:
Quelques jours à peine après la révélation du scandale des conditions dans lesquelles s'est déroulée la semaine dernière une opération anti-drogue au sein du Centre de Formation des Apprentis de la Chambre des Métiers de Pavie(Gers) ,les parents d'élèves sont outrès d'apprendre qu'au même moment se menait une opération similaire dans un collège du département,celui de Marciac.
Cette fois encore,le comportement des militaires est révoltant,attesté par de nombreux témoignages croisés et concordants.Entrée dans les classes sans prévenir,simple avertissement lancé à la cantonnade:"Nous allons faire entrer un chien!Mettez vos mains sur les tables,restez droit,ne le regardez pas!Quand il mord,ça pique!",entrée du chien qui s'acharne sur les affaires scolaires et les vêtements de certains élèves,sortie de ces élèves dans les couloirs,fouille au corps de gamines de 13 ans!Commentaires insultants:"On dirait qu'elle n'a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier!on ne sait jamais..."
Les enseignants sont,semblent-ils ,restés pétrifiés et muets de stupéfaction et les élèves de 4è et de 3è,visés par l'opération,en sortent traumatisés.
Même s'ils comprennent l'existence nécessaire d'opérations anti-drogue,les parents d'élèves FCPE du Gers estiment que l'école ne doit pas en être le théâtre.Ils sont une nouvelle fois révoltés par la dérive répressive et liberticide de l'Etat policier que risque de devenir la France.Les descentes des forces de police et de gendarmes dans les établissements scolaires rappellent des temps sordides que tous espèraient avoir oubliés depuis 60 ans.
Avec de tels comportements shizophrèniques ,la République est entrain de se tirer une balle dans le pied:d'un côté,elle prétend éduquer ses futurs citoyens dans ses écoles aux frontispices desquels s'affichent encore la devise" Liberté- Egalité- (?) - ";de l'autre,elle fait investir ces mêmes lieux par ses forces de l'Ordre (?) aux attitudes franchements agressives et irrespectueuses envers des enfants victimes,terrorisés, par ceux-là même qui sont sensés les défendre;des enfants bafoués dans leur droits les plus élémentaires et traumatisés.
La France voudrait créer des générations de rebelles aux représentants de la loi qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.
C'est pourquoi les parents d'élèves de la FCPE du Gers appellent solennellement le Préfet et le Procureur de la République à faire cesser immédiatement ces opérations indignes de notre Etat de Droit,défenseur-jusqu'à présent- des libertés individulles et respectueux de la Déclaration des Droits de l'Enfant.
Ils appellent également tous les citoyens attachés aus valeurs de la République,toutes les associations rattachées à l'école publique,toutes les organisations démocratiques,les hommes politiques et les responsables institutionnels à s'opposer fermement à ces méthodes infamantes."
Les journaux locaux ont eu la charité de ne pas faire passer ce communiqué ridicule.
Scène 2 :
Quelques élus en quête de reconnaissance:
Journal le Sud-Ouest,quelques jours plus tard.
"Hier,lors de la scéance plénière de conseil général ,les élus sont revenus sur les contrôles antidrogue dans les collèges.Plusieurs ont soulignés leur désaccord.Le président a rappelé "que la justice fait son travail et que nous n'avons pas à commenter" tout en souhaitant que "ces opérations soient irréprochables dans leur mise en oeuvre"
EPILOGUE
Il est maintenant facile de comprendre que tant que les défenseurs de l'usage non nocif du cannabis relayés par les tenants de la politique de réduction des risques continueront à imposer leur idéologie dans un certain périmètre politique et corporatiste,la démagogie et l'ignorance continueront à régner dans les esprits.Le CNID aura encore beaucoup de chemin pour persuader du bien-fondé de ces méthodes.Il serait démocratique qu'ils puissent au moins être reconnus comme référents.
Il est cependant parfaitement injuste et inégalitaire de voir que des élèves puissent bénéficier de prévention efficace et strictes dans les établissements privés ou dépendant de chambres consulaires et que ceux des établissements publics soient désinformés et manipulés.
PRECISION:
Au collège de Marciac il n'y a pas eu de saisie de drogue car il semblerait que les parents et les élèves aient été informés de l'intervention des gendarmes.
Il n'y a donc toujours pas de drogue dans les établissements publics !
Pourquoi donc y envoyer des gendarmes miliciens?C'est inutile et choquant:
Ce n'est pas la drogue qui fait peur,ce sont les gendarmes.
Alors vous devriez titrer plutôt : "La répression par la terreur et l'humiliation". Car c'est bien de cela dont il s'agit.
Quelques morceaux choisis de l'article de la dépêche ( http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495638-Auch-La-descente-de-gendarmes-emeut-a-l-ecole-des-Metiers.html ) :
"Certains sont obligés de se déchausser et d'enlever leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en caleçon"
"Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut toujours porter plainte"
"Ailleurs, on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l'hosto »"
Hélas dans la prévention par la répression, il n'y a pas de place pour l'éducation. Autrement dit une politique intelligente d'explication des risques n'a pas sa place dans ce modèle de lutte contre la drogue.
Mais pas fous, les jeunes vont simplement éviter d'amener leur bout de shit à l'école. Alors quelle est la prochaine étape ?
On peut par exemple imaginer la possibilité que la police fasse irruption chez des jeunes au hasard, mette en vrac leur chambre avec le chien pour rechercher où est ce fichu bout de shit.
Mais au secours ! attention démocratie ! je parlais de la police iranienne qui traque l'alcool. Mais en quoi est-ce différent ? Réveillez-vous les prohibitionnistes, vous n'êtes pas différents de ces gens-là. A part peut-être qu'il n'y a pas encore de coup de fouet en France, mais niveau terreur et inefficacité (a-t-on vraiment prouvé que ça marche ?) c'est kif-kif :p
Rédigé par: lyz | 29 novembre 2008 à 15:52
Nous ne sommes pas confronté à un problème de drogue, mais à une société qui n'est plus capable de donner un sens et des valeurs positives aux jeunes.
En dehors de "travailler plus pour gagner plus et consommer plus" quels est le projet de société que propose notre gouvernement...?
Face au vide existentiel et à l'absence d'avenir, l'addiction est devenu un moyen de tenir le coût et de continuer à fonctionner.
L'usage de stupéfiant pour lutter contre l'absence de sens ne concerne pas que la drogue. Il existe d'autres stratégies pour échapper au non sens de notre société : l'alcool, les anti-dépresseurs, les jeux vidéos, la cigarette, le sur-travail, la sur-consommation....
Quand la gendarmerie se dessidera-t-elle à faire une descente dans les entreprises et les hypermarchés pour embarquer tous les drogués du travail et de la consommation ?
Car c'est là qu'est né la racine du mal-être de notre société post-moderne.
Rédigé par: Lord | 08 décembre 2008 à 12:09
Nous ne sommes pas confronté à un problème de drogue, mais à une société qui n'est plus capable de donner un sens et des valeurs positives aux jeunes.
En dehors de "travailler plus pour gagner plus et consommer plus" quels est le projet de société que propose notre gouvernement...?
Face au vide existentiel et à l'absence d'avenir, l'addiction est devenu un moyen de tenir le coût et de continuer à fonctionner.
L'usage de stupéfiant pour lutter contre l'absence de sens ne concerne pas que la drogue. Il existe d'autres stratégies pour échapper au non sens de notre société : l'alcool, les anti-dépresseurs, les jeux vidéos, la cigarette, le sur-travail, la sur-consommation....
Quand la gendarmerie se dessidera-t-elle à faire une descente dans les entreprises et les hypermarchés pour embarquer tous les drogués du travail et de la consommation ?
Car c'est là qu'est né la racine du mal-être de notre société post-moderne.
Rédigé par: Lord | 08 décembre 2008 à 12:09
Nous ne sommes pas confronté à un problème de drogue, mais à une société qui n'est plus capable de donner un sens et des valeurs positives aux jeunes.
En dehors de "travailler plus pour gagner plus et consommer plus" quels est le projet de société que propose notre gouvernement...?
Face au vide existentiel et à l'absence d'avenir, l'addiction est devenu un moyen de tenir le coût et de continuer à fonctionner.
L'usage de stupéfiant pour lutter contre l'absence de sens ne concerne pas que la drogue. Il existe d'autres stratégies pour échapper au non sens de notre société : l'alcool, les anti-dépresseurs, les jeux vidéos, la cigarette, le sur-travail, la sur-consommation....
Quand la gendarmerie se dessidera-t-elle à faire une descente dans les entreprises et les hypermarchés pour embarquer tous les drogués du travail et de la consommation ?
Car c'est là qu'est né la racine du mal-être de notre société post-moderne.
Rédigé par: Lord | 08 décembre 2008 à 12:09