Le CNID a toujours indiqué que le sujet de la drogue deviendrait de plus en plus essentiel dans le débat public.Il est crutial que l'information sur les dangers de l'usage de la drogue soit librement et clairement expliquée aux français, sinon le "débat" sera biaisé.
Le Figaro - Actualités
Le cannabis, ligne de fracture entre les candidats PS
Par Nicolas BarotteMis à jour le 16/09/2011 à 08:17 |

Un homme fume du cannabis à la International Cannabis & Hemp Expo d'Oakland, en Californie. Photo d'Illustration Crédits photo : MATHEW SUMNER/REUTERS
Les six candidats ont fait valoir leurs différences sur cette question, Montebourg et Valls étant contre la légalisation.
Avant même le premier débat des primaires, Martine Aubry s'était, jeudi après-midi, sur le site Rue89, prononcée en faveur de la «dépénalisation» de la consommation de cannabis. Lors du débat, le sujet est réapparu avec un clivage marqué entre les partisans de la dépénalisation, voire de la légalisation, et ceux qui y sont tout à fait opposés. Jean-Michel Baylet a d'emblée souligné que son programme comprenait «la légalisation du cannabis », soulignant que ce n'était «pas la même chose » que la dépénalisation, qui «ne règle rien ».
Martine Aubry a rappelé sur le plateau de France 2 qu'elle était favorable à la dépénalisation du cannabis. De leur côté, Arnaud Montebourg et Manuel Valls et, dans une moindre mesure, François Hollande, se sont présentés comme fermement opposés à toute forme de légalisation, Manuel Valls rappelant les ravages provoqués aussi bien par la consommation que par les trafics.
La droite avait immédiatement réagi aux déclarations de Martine Aubry, au site Rue 89. Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, s'est «scandalisé». «C'est un revirement de sa part», a-t-il relevé après avoir rappelé que le 16 juin Mme Aubry s'était prononcée contre toute dépénalisation de cette drogue. «Drôle de programme pour celle qui, il y a quelques jours à Marseille, se décrivait en future présidente de la sécurité», a ironisé le député UMP des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, chargé de la sécurité.
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Lors du débat télévisé entre candidats à la primaire PS, le grand absent, DSK, a embarrassé les participants. Jean-Michel Baylet s'est dit pour sa part en faveur de la légalisation du cannabis.
Débat télévisé sur France 2 entre les candidats à la primaire PS (15 septembre 2011) © TF1/LCI
Cannabis : "Il faut maintenir l'interdit"
Autre sujet de crispation : le PRG Jean-Michel Baylet s'est prononcé en faveur de la légalisation du cannabis, s'attirant de vives répliques d'Arnaud Montebourg, Manuel Valls et François Hollande. "La dépénalisation ne règle rien quant au problème de santé publique qui est la conséquence de la vente de cannabis de mauvaise qualité et quant au problème des dealers qui hantent nos villes, les cages d'escaliers des immeubles", a dit le seul candidat non socialiste à la primaire. La légalisation du cannabis "va plus loin", a-t-il plaidé. "Ça veut dire premièrement qu'on met fin au trafic et aux dealers qui créent l'insécurité dans tellement d'endroits, et deuxièmement le cannabis est en vente en pharmacie, c'est sous contrôle et ça permet d'être un peu plus sérieux en matière de santé publique".
Interrogé sur ce sujet, Arnaud Montebourg s'est ensuite dit "fermement opposé à toute forme de libéralisation de la consommation du cannabis". "L'argument de Jean-Michel Baylet me paraît absurde, il m'en excusera. Est-ce que c'est parce que les conducteurs ne respectent pas les limitations de vitesse qu'il faut absolument (les) dépénaliser ? La réponse est non". Dans la foulée, Manuel Valls s'est dit "fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche, à l'idée que je me fais de l'ordre républicain et de la liberté de chacun, à toute concession dans ce domaine". "Est-ce qu'on sait de quoi on parle? Les ravages de la drogue sur des jeunes, des gamins, dès le collège (...) Ça commence souvent -pas automatiquement- par ce type de consommation, par cette économie souterraine qui mine nos quartiers".
Tout en plaidant pour un changement de la législation et "une grande campagne d'information" sur toutes les drogues, François Hollande a appelé à "faire attention à ce qu'on dit, aux mots qu'on emploie". "Il faut "maintenir l'interdit, je l'affirme", a déclaré le député de Corrèze. "Nous ne sommes pas d'accord, nous ne sommes pas d'accord. (...) De le voir simplement comme un interdit, ça encourage tous les trafics souterrains. Même les Américains sont revenus sur la prohibition il y a bien longtemps", s'est défendu Jean-Michel Baylet.
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