Le Figaro - Actualités
Par
Anne Jouan - le 25/11/2011
Fumer du cannabis avant 15 ans
ralentit le cerveau
Une étude publiée dans le Bristish Journal of Psychiatry montre qu'une consommation précoce réduit la flexibilité et les fonctions cognitives du cerveau.
EXtraits:
... ] Les consommateurs réguliers de cannabis qui ont commencé à fumer avant l'âge de 15 ans obtiennent de moins bons résultats quand on étudie les capacités de leur cerveau que ceux qui ont commencé à fumer après.
Des chercheurs de l'université fédérale de Sao Paulo estiment que leurs travaux publiés dans la revue spécialisée, le Bristish Journal of Psychiatry, montrent que la consommation précoce de cannabis a des effets néfastes sur les fonctions cognitives. Et ce beaucoup plus qu'une consommation plus tardive.
Déficit des fonctions cognitives
Les chercheurs ont interrogé 104 consommateurs chroniques de cannabis et leur ont fait passer des batteries de tests neuropsychologiques. Ces derniers comprenaient des tests de l'attention, de persévérance, et étudiaient la faculté à bâtir des concepts abstraits ainsi que les capacités visuelles et physiques des adolescents.[...
...] Le Dr Maria Fontes qui a conduit les travaux explique ainsi les résultats : «Nous savons que l'adolescence est une période pendant laquelle le cerveau est plus sensible aux effets neurotoxiques du cannabis. Car à cet âge, le cerveau est encore en développement».[
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Egalement un article de novembre Mai 2011:
Comment le cannabis perturbe l'activité cérébrale
Le cannabis perturbe l'activité cérébrale au point de déconnecter deux zones qui travaillent habituellement en harmonie pour se rappeler quelque chose ou prendre une décision. Il s'agit de l'hippocampe, niché au cœur ducerveau et du cortex préfrontal qui se situe derrière le front. Des chercheurs anglais ont réussi à observer ce phénomène chez des rats soumis à l'administration d'une substance mimant l'effet du cannabis auxquels on a fait faire différents exercices.
Ils ont enregistré pour cela leur activité cérébrale en différents endroits à l'aide d'électrodes. «La drogue ne montre pas d'effet significatif sur l'interaction entre ces deux régions tant que l'animal est tranquille mais dès qu'on le sollicite, les circuits se déconnectent et il devient incapable de retrouver un chemin qu'il connaissait cinq minutes avant l'administration de la substance, explique Matt Jones, coauteur des travaux à l'université de Bristol. C'est comme si vous vous sentiez bien après avoir fumé un joint dans votre canapé mais que vous êtes en fait incapable de conduire correctement votre véhicule», illustre-t-il.
De nombreux troubles psychomoteurs
Les effets du cannabis sur la mémoire, l'attention et les décisions sont déjà bien connus. Ces troubles apparaissent environ 15 minutes après l'inhalation de cannabis chez les fumeurs débutants et quelques minutes plus tard chez les habitués. Ils peuvent être accompagnés de troubles sensoriels (vision, ouïe) ou de perturbations de la coordination des mouvements. «Cette étude explique bien l'origine de la désorganisation des circuits de la mémoire et de la prise de décision que nous observons en clinique humaine, estime Michel Reynaud, chef du service de psychiatrie et d'addictologie à l'hôpital Paul Brousse à Villejuif. En revanche, il est difficile à ce stade de savoir si ces altérations sont la cause des troubles observés ou, au contraire, leur conséquence».
Un risque possible pour la schizophrénie
Ces travaux pourraient également apporter quelques clés pour mieux comprendre les liens ambigus entre la consommation de cannabis et lessymptômes schizophrènes. La prévalence des troubles schizophréniques chez les sujets abuseurs ou dépendants au cannabis est de 6%, alors qu'elle est d'environ 1% en population générale. «Nous ne sommes pas encore en mesure de dire si les altérations observées dans notre étude peuvent expliquer certains effets psychotiques chez les consommateurs de cannabis mais ces résultats appellent à la prudence, notamment chez les personnes vulnérables car les zones concernées dans cette étude sont également perturbées dans la maladie et impliquent certains neurotransmetteurs identiques », conclut Matt Jones.
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