ESTIMATIONS 2011 DES CONSOMMATIONS DE PRODUITS PSYCHOACTIFS À 17 ANS
»Stanislas Spilka, Olivier Le Nézet, Marie Line Tovar
L’enquête ESCAPAD 2011
Cette note présente les premières exploitations de l’enquête ESCAPAD (Enquête sur la santé et lesconsommations lors de l’appel de préparation à la défense) qui a été conduite en mars 2011 lors dela Journée Défense et Citoyenneté (ex JAPD).
Septième exercice de l’enquête menée au niveau national, le terrain d’ESCAPAD 2011 s’est déroulédu 14 au 22 mars 2011 en partenariat avec la Direction du Service national (DSN) lors de la journée Défense et Citoyenneté dans l’ensemble des centres métropolitains ainsi que ceux de la Guyane, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion. Au total, 200 centres ont été concernés (dont 185en métropole) et 32 249 adolescents de nationalité française ont été interrogés à l’aide d’unquestionnaire auto‐administré anonyme à propos de leur santé et de leurs usages d’une dizaine de substances psychoactives.
L’échantillon final analysé ici concerne les 27 402 métropolitains âgés de17 ans ; il a été pondéré afin de donner aux départements leur vrai poids démographique tout enrespectant le sex ratio départemental. Compte tenu de l’importance de son échantillon qui permet d’une part des analyses statistiques approfondies et, d’autre part, des analyses régionales et départementales (exploitations qui serontrendues publiques au cours du 1ersemestre 2012), ESCAPAD apporte des informations essentiellessur les usages des adolescents français. L’enquête permet entre autre d’étudier certaines caractéristiques individuelles souvent associées aux comportements de consommations de produitspsychoactifs, comme par exemple la situation scolaire et le redoublement, la situation familiale ouencore la PCS des parents [Tendances, n°66 OFDT – 2009].
Ainsi, par exemple, les jeunes en apprentissage et ceux qui sont sortis du système scolaire sont plus nombreux à déclarer des usages réguliers que les jeunes élèves en filière générale, technique ou professionnelle. Les enfantsd’artisans et de commerçants sont souvent parmi les plus importants consommateurs de tabac et d’alcool. De même, lorsqu’ils ont redoublé ou lorsqu’ils vivent seuls les adolescents déclarent plus souvent avoir expérimenté des produits illicites.
Enfin, la répétition de l’enquête assure un suivi précis et fiable de l’évolution des comportementsd’usages de substances psychoactives depuis 2000. L’enquête ESCAPAD a reçu l’avis d’opportunité du conseil national de l’information statistique (CNIS) et le label d’intérêt général de la statistiquepublique du Comité du Label ainsi que l’avis favorable de la CNIL.
Principaux indicateurs utilisés
Expérimentation : au moins un usage au cours de la vie;
Usage dans l’année : au moins 1 usage au cours des 12 mois précédant l’enquête
Usage dans le mois : au moins 1 usage au cours des 30 jours précédant l’enquête
Usage régulier : au moins 10 usages dans les 30 derniers jours précédant l’enquête (terme parfois employé pour letabagisme quotidien)
Usage quotidien : au moins un usage quotidien au cours des trente derniers jours
Produits psychoactifs illicites :
Le cannabis
La consommation de cannabis poursuit la décroissance amorcée depuis 2002 quelles que soient lesfréquences d’usages (figure 1).
Figure 1 – Evolutions entre 2000 et 2011 des niveaux d’usage de substances psychoactives à 17 ans, en métropole (%)
Figure 1 – Evolutions entre 2000 et 2011 des niveaux d’usage de substances psychoactives à 17 ans, en métropole (%)77,6 77,2 77,072,270,768,441,139,537,633,028,931,594,6 94,692,3 92,691,079,280,982,178,777,4 77,010,912,614,512,08,910,556,6 56,155,056,659,858,520,019,226,0 25,627,86,5 6,79,78,610,545,650,2 50,349,442,2 41,528,532,330,727,924,722,410,012,310,6 10,87,36,550,247,846,141,1 40,542,00102030405060708090100200020012002200320042005200620072008200920102011200020012002200320042005200620072008200920102011200020012002200320042005200620072008200920102011200020012002200320042005200620072008200920102011Tabac Alcool Ivresse CannabisExpérimentationMoisQuotidienExpérimentationExpérimentationExpérimentationMoisRépétéeMoisRégulierRégulière R
Les baisses observées apparaissent néanmoins moins prononcées quecelles mesurées entre 2005 et 2008. Globalement stable, l’expérimentation de cannabis est en léger recul en particulier chez les garçons(44,0 % vs 46,3 % en 2008, p<0,001) alors qu’elle est orientée à la hausse parmi les filles (38,9 % vs37,9 %), sans que cette augmentation ne soit statistiquement significative(1).
Cette stagnation de la diffusion du cannabis intervient après une baisse qui avait été particulièrement forte entre 2005 et2008. Concernant les usages dans l’année ou dans le mois, ils sont à la baisse, dans la continuité de ce quiest observé depuis 2002 (resp. 34,6 % et 22,4 % contre 35,9 % et 24,7 % en 2008). En particulier, labaisse de l’usage régulier de cannabis se confirme (6,5 % vs 7,3 % en 2008, p<0,001) et ce pour lesdeux sexes, cette baisse est cependant moindre que celle mesurée entre 2005 et 2008.
Finalement parmi ces usages plus fréquents, seul l’usage quotidien reste stable avec 3 % des adolescents de 17ans concernés [Tableau 1].
Figure 1 – Evolutions entre 2000 et 2011 des niveaux d’usage de substances psychoactives à 17 ans, en métropole
DERNIÈRES NOUVEAUTÉS SUR LE SITE
Premiers résultats de l'enquête ESCAPAD 2011
Saint Denis, le 8 décembre 2011-
Cette note présente les premières exploitations de l'enquête ESCAPAD E
Vue d’ensemble
Ces premiers résultats de l’enquête ESCAPAD 2011 laissent apparaître deux tendances majeures :
• En 2011, une large majorité des indicateurs sur les usages de substances psychoactives à 17 ans apparaît nettement orientée à la baisse.
Les expérimentations de tabac et d’alcool poursuivent leur diminution alors que celle du cannabis se stabilise.
La part des adolescentsn’ayant expérimenté aucun de ces trois produits reste faible, mais continue de progresser(6,6 % vs 5,1 % en 2008).
Pour l’expérimentation des autres drogues illicites, dont lacocaïne, l’ecstasy et l’héroïne, les tendances sont globalement orientées à la baisse avec des niveaux de consommation qui restent faibles.
• Dans le même temps, alors que l’usage régulier de cannabis est en baisse, les résultats de l’enquête font apparaître des usages réguliers de tabac et d’alcool en hausse et en particulier une augmentation notable des ivresses répétés et régulières.
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